LA RÉVOLUTION À SAINT-LAURENT DE GOSSE par Francis Hirigoyen
Précisons qu’il ne s’agit pas de porter un jugement sur la Révolution française, car ceci appartient à chacun, mais de voir comment elle s’est passée sur le plan local. Pour nous, nous avons toujours privilégié, dans nos recherches, l’étude des institutions et des habitants au niveau de la paroisse ou de la commune, veillant à ne jamais séparer histoire régionale et nationale. Nous poursuivons dans cette voie. Nous avons arrêté notre étude à la chute de Robespierre en juillet 1794 ; à partir de cette date, la Terreur disparaît et l’histoire reprend un tour un peu plus normal. Nous tenons aussi à préciser que nous avons essayé de faire œuvre d’historien dans la mesure où nous nous sommes appuyé sur les textes et les documents, mais que nous avons essayé d’aller au-delà, car les écrits de nos élus locaux, par exemple, étaient surveillés. Il convient donc de lire les documents au deuxième ou troisième degré et de décrypter également les non-dits. Enfin, nous avons pris l’exemple de Saint-Laurent de Gosse parce que les documents sont relativement abondants et surtout très représentatifs de notre région. Brève situation de Saint-Laurent en 1789 La population s’élève à environ 590 habitants, presque essentiellement des agriculteurs (soit 95 familles) dont environ un tiers doit être propriétaire de ses terres. Il existait aussi au moins trois seigneurs-caviers qui percevaient des droits seigneuriaux faibles, dont le montant n’avait pas changé depuis le Moyen-Âge. Au château Larunque ou Lagurgue, la famille Lacroix de Ravignan, - au château Montpellier : les Roll-Montpellier, - au château de Saint-Laurent : la famille de Bédorède (les Saint-Martin Lacaze). Ces seigneurs n’étaient pas rejetés par la population, bien au contraire, comme le montreront les certificats de civisme élogieux délivrés au cœur de la Révolution. Cette situation était chose courante dans notre Sud-Ouest des Landes. Ainsi le 16 juin 1793, Roll-Montpellier demande au conseil municipal de la commune de lever les séquestres mis sur ses papiers. Il lui demande également de lui accorder un certificat de civisme, ce qui sera fait puisque les élus locaux écrivent que, depuis treize ans, il habite Saint-Laurent les trois quarts de l'année et qu'il n'a fait l'objet d'aucune plainte. Bien au contraire, il a concouru au bien général donnant une contribution patriotique de trois mille livres, ce qui était considérable et rare. Cela ne l'empêchera pas d'être interné l'année suivante à Saint-Esprit sur l'ordre de Pinet, représentant du peuple. En mai 1794, Mlle Navailles-Roll (très malade des yeux) obtient elle aussi, comme son mari en juin 1793, des lettres de civisme : « elle s’est empressée de soulager les pauvres et les malades. » Le 28 juin 1794, Lacroix de Ravignan reçoit également de la municipalité un certificat de civisme attestant qu’il réside en France depuis le 1er frimaire, qu’il n’est ni émigré, ni détenu pour cause de suspicion ou de contre-révolution ... (Extrait de l'article de 4 pages ... Cahiers du Sud landais N°1).
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