SUD LANDAIS




 

LA CRÉATION DU QUARTIER DE « LA SAVANE » À CAPBRETON-PLAGE

SON HISTOIRE ET SA MISE EN VALEUR

     Les Archives nationales définissent précisément pourquoi ces travaux ont été entrepris et les moyens mis en œuvre :

La dune littorale artificielle de Capbreton-plage, sorte de talus haut de trois à quatre mètres, descendant en pente douce vers l’intérieur des terres, et sur lequel ont été construits les immeubles en front de mer et le Boulevard de la plage, est un ouvrage d’art entièrement édifié de main d’homme entre 1856 et 1860, ce par ordre de l’Empereur Napoléon III, comme suite aux requêtes des Capbretonnais.C’est un moyen de défense de leurs terres contre les inondations maritimes qui se produisent à chaque marée haute ordinaire et extraordinaire.

Elle a été construite avec des matériaux amenés à pied d’œuvre, structure comprise (poteaux de mine, pieux, clayonnages ) et sable provenant du creusement du nouveau lit du Boucarot, au moment du transfert plus au nord de l’embouchure de ce courant. Elle obstrue entièrement l’ancienne grande baie de Capbreton, estuaire mi-vaseux mi-sablonneux et faisant partie originellement d’une des embouchures successives de l’Adour. Cette dune s’étend face à l’océan depuis le territoire de la commune de Soorts-Hossegor jusqu’au lieu dit « La Savane ». L’Estacade est encastrée dans son corps. 

Afin de délimiter cette zone, les Ponts et Chaussées ont planté une longue ligne de tamaris sur les sables secs. Elle part non loin de l’hôtel « Lou Chaque Dit » et se prolonge jusqu’à l’emplacement actuel des blockhaus. On peut encore y voir un bosquet de ces arbres si lents à pousser, sur le haut de la dune ; seule la grosseur de leur tronc atteste leur ancienneté. Le décor était planté, il restait à aménager ce nouveau quartier de la plage. L’engouement naissant pour les bains de mer ne fit qu’accélérer les choses. On vit alors apparaître sur cette dune aride un casino, une multitude de maisons secondaires, pensions de famille et hôtels qui donnaient un air anglo-normand à ce quartier (on n’avait pas encore inventé le style basco-landais). En 1860 est inauguré un service hippomobile qui fait la navette entre la ville et la plage.

Au sud de cette zone sera édifié, en front de mer, l’hospice Sainte-Eugénie, plus connu sous le nom de préventorium. Ce magnifique bâtiment dédié à la santé des enfants est inauguré en 1889, la même année que la tour Eiffel. Non loin de là, sera construit le fronton de la Côte d’Argent qui accueillera les jeux de pelote basque, des opéras et autres concerts de piano. Capbreton pouvait être fier de ses aménagements et l'époque était optimiste.

 

   Un des premiers à s'installer sur le front de mer fut le comte d'Astanières. 

Ce talentueux  sculpteur découvre et adopte Capbreton en 1895. Il fait construire sa villa « Les Epaves », un ensemble hétéroclite de bâtiments, sur le Boulevard de la plage à côté de celle d’Eugène Bure, comte d’Orx (fils naturel de Napoléon III). Les promeneurs pouvaient voir l’artiste et ses œuvres par les vitrines de l’atelier donnant sur l’océan, de même que son musée de morceaux d’épaves récupérés sur la plage. Il acheta pour 25 hectares de sables au sud de l’hospice Sainte-Eugénie ; ce terrain vierge, qu’il baptisa « La Savane », devint en quelque sorte son île déserte où il entreprit une véritable exploitation agricole ... (extrait de l'article de 6 pages ... Cahiers du Sud landais N°1)                        



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