SUD LANDAIS




QUELQUES PROJETS DE DÉRIVATION DE L'ADOUR

D'APRÈS UN TABLEAU D'EUGÈNE RODOLPHE      par J.Jacques Taillentou

                 Depuis sa réouverture en juin 2001, le Musée Basque et de l'Histoire de Bayonne propose à ses visiteurs un tableau déroutant, non par sa technique picturale, mais  par le thème abordé. L'Adour en est l'acteur majeur mais il rejette ou repousse à l'arrière-plan Bayonne et son port pour mieux valoriser son embouchure fictive à Capbreton après un parcours terminal d'une rectitude géométrique, à l'est des dunes littorales du sud landais. Réalisé par Eugène Rodolphe, lieutenant de vaisseau dont on ne connaît rien si ce ne sont ses projets de dérivation de l'Adour, ce tableau n'a sans doute pas pour ambition de mettre en valeur les qualités artistiques de son auteur. 

                    Originalités de l'œuvre de Rodolphe 

Par contre, elle est remarquable à plusieurs titres :  .......

          Un contexte favorable au projet de Rodolphe 

La genèse du projet d'Eugène Rodolphe bénéficie d'un contexte favorable où concourent de nombreux facteurs permettant d'expliquer l'ardeur avec laquelle ce projet sera défendu par son auteur, lui ôtant ainsi tout caractère utopique. Depuis les années 1830, les entreprises de navigation intérieure se développent, se concentrant essentiellement dans les régions industrielles naissantes. Ainsi, les canaux se multiplient dans l'Est, entre Marne, Rhin et Saône. Même si les canons de l'Histoire se défendent d'anticiper sur l'avenir, n'oublions pas que Rodolphe présente son projet à l'aube des lois Freycinet ( 1878-1879) encourageant la modernisation d'une partie du réseau ancien de canaux. Mais Rodolphe est sans nul doute influencé par la réussite de Ferdinand de Lesseps qui, quatre ans avant la diffusion du projet du canal de dérivation de l'Adour, a relié la Méditerranée à la Mer Rouge. Au-delà du succès de ces voies de navigation artificielles, Rodolphe s'appuie sur un contexte local, géographique et historique propice à la justification de son projet. Les difficultés auxquelles doivent faire face les navires entrant et sortant du port de Bayonne par l'embouchure de I'Adour sont toujours aussi nuisibles au développement de l'activité portuaire de Bayonne malgré une suite d'aménagements, en particulier la construction de digues. En 1873, année de rédaction du rapport de Rodolphe, le port fut inopérationnel pendant 26 jours, le problème de la barre au débouché de I'Adour sur l'océan interdisant tout mouvement de bateau à destination ou au départ de Bayonne. Les discours réitérés d'une renaissance possible du port de Capbreton n'ont pas manqué d'encourager les ambitions de Rodolphe. Le soutien de Napoléon III à la remise en valeur du site du Boucau de Dieu (nom donné à l'ancienne embouchure de l'Adour du temps où elle s'ouvrait sur l'océan à Capbreton) n'est pas étranger à ce probable renouveau. Le financement par le second Empire de travaux à Capbreton confirma cet intérêt de Louis-Napoléon Bonaparte pour l'ancrage, sur ce littoral aquitain inhospitalier, d'un port de refuge. Le projet de Rodolphe tire avantage aussi d'un florilège de projets antérieurs de canaux concernant la côte landaise ou girondine ainsi que d'expériences relativement concluantes. Son mérite est d'avoir su en faire une synthèse convaincante et argumentée ... (extraits de l'article de 6 pages... Cahiers du Sud landais N°1)  



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