SUD LANDAIS




                                                                                                                                             EXPOSITION

                                                                                                                                        20 MARS au 5 AVRIL

                                                                                                                                       46, rue Gal de Gaulle

                                                                                                                                             CAPBRETON

                                                                                                       20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 JEAN CASSEMBON alias Vonik (Capbreton, 1921 - Alger, 1960)

 

 

Jean Cassembon est né à Capbreton le 15 février 1921, fils d'Auguste dit Maurice et de Marguerite Cassembon qui tenaient dans la Grand'Rue un bureau de tabac et un dépôt de presse. À la fin de la Grande Guerre dont il était revenu mutilé, Maurice Cassembon, originaire de Saint-Vincent-de-Tyrosse où son père était armurier, s'était installé à Capbreton et avait épousé une Capbretonnaise, Marguerite Clément, fille du coiffeur Jean Clément.

Très doué pour le dessin, c'est tout jeune que Jean Cassembon décide d'en faire son métier. Dès la guerre finie, il « monte » à Paris, peut-être avec l'appui de son compatriote Jean Valdeyron qui, depuis 1945, y dirige le magazine Noir et Blanc, un des ancêtres de la presse people. Ses premiers dessins sont publiés dans l'hebdomadaire Paroles françaises : de style très classique, ils représentent les principaux personnages politiques du temps. Très vite, d'autres journaux vont s'intéresser aux caricatures de celui qui signe maintenant du pseudonyme de « Vonik » : L'Ordre, L'Aube, L'Aurore, Libération…

Mais sa plus grande époque sera celle qui s'étendra de 1946 à 1953 lorsque « Vonik »,  qui côtoyait particulièrement les auteurs de théâtre les plus célèbres ainsi que leurs interprètes, se fera une spécialité de dessins de spectacles, spectacles dont il signera parfois aussi la critique . Dans les pages des magazines spécialisés, acteurs de théâtre, de cabaret, de revues, chansonniers, artistes lyriques et de music-hall, tous ceux qui font, en somme, la vie parisienne, apparaissent régulièrement croqués par le crayon alerte et fécond de Jean Cassembon. Voici Fernandel et sa denture chevaline, l'œil charbonneux de Marguerite Moreno, le plumeau de Pauline Carton, et puis encore Serge Reggiani à la mine de chien battu  ou Bernard Blier, tout en rondeurs…

Dans les années 1950-1953, il élargit sa palette et les journaux de turf, comme L'Éperon et Le Cheval, s'ornent de ses jolis dessins et des caricatures des meilleurs champions hippiques du moment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Jean vient l'été à Capbreton, il se fait tout naturellement vendeur occasionnel de cigarettes et de journaux dans la boutique de ses parents où trône, vêtue de noir en bonne daüne landaise, la grand-mère Zélie. Mais son œil malicieux de caricaturiste est toujours à l'affût : c'est lui qui nous livre tous ces portraits de Capbretonnais, clients qui défilent dans le magasin paternel, commerçants et voisins de la Grand'Rue, croqués pour le plaisir et qui n'auront jamais l'honneur des journaux de la capitale… Qui d'ailleurs s'intéresserait là-haut à Madeleine Castaings sur sa mobylette, à Louise Boye la moustachue, à la plantureuse Rachel de Doudou-Pressing ou encore à Duchon le facteur, Ricou le coiffeur, Rémi le cafetier et Kéké le boucher… bref à tout ce microcosme capbretonnais des années 1950-1960 avec son maire, son croque-mort, son curé, son pharmacien… aujourd'hui au centre de cette exposition pour notre plus grand bonheur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Les années 1953-1954 sont une période difficile pour la presse : la photographie, moins onéreuse, supplante la caricature. Les journaux parisiens se raréfient et les dessinateurs n'y ont plus guère leur place. Profondément attaché à ses racines, Jean Cassembon ne rêve que de rentrer au pays et trouver un travail dans ses Landes natales. Il n'y parviendra pas. Découragé, il accepte un poste de journaliste à L'Écho d'Alger, poste qu'il va conjuguer avec celui de rédacteur au Rectorat d'Académie. C'est en Algérie qu'il décèdera, le 29 avril 1960, à l'âge de 39 ans.

Jean Cassembon n'a pas atteint la notoriété qui aurait dû être la sienne. Son humour, la finesse et l'élégance de son style n'ont pas trouvé à s'exprimer à leur vraie place ni au bon moment.

En ce 50 ème anniversaire de sa mort, Capbreton sa ville natale, par l'intermédiaire de la Sadipac sud landais, lui rend aujourd'hui l'hommage que son grand talent méritait.

 

 

Un grand merci à ses filles Françoise et Noëlle ainsi qu'à Mme Marie-Thérèse Maléjacq-Cassembon sans qui cette notice biographique n'aurait pu être établie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : Ronald Fitte

 

 

Légende photo : Encadrés par M.-C. et A. Duviella et J.-P. Dufau député maire, Jean Solon, Jeanine Guilbert et Annick Burrosse.

 

SUD-OUEST du mercredi 31 mars 2010

ÉCHO DECAPBRETON

 

L'EXPOSITION JEAN CASSEMBON VISIBLE JUSQU'A LUNDI

 

Lors du vernissage, Marie-Claire Duviella a dédié l'exposition Jean Cassembon, proposée par la Sadipac, à Jean Marie Duten. Ses remerciements vont à Annick et Max Burosse - ils ont confié leurs documents pour la partie capbretonaise - et à Thérèse Maléjacq, veuve de l'artiste 

Les nombreux visiteurs, curieux et amusés, cherchent une connaissance affichée, le plus souvent disparue mais pas toujours, admirative du talent d'un des leurs, l'artiste Jean Cassembon décédé en 1960.

Bien présentées sur les cimaises de la jolie galerie, les caricatures dégagent une vitalité, un coup de crayon assuré, malicieux sans aigreur, juste et minimal.

                                                                                                               

                                                                                                               Chantal Destribats

 

 

 ***

 

Franc succès pour l'exposition des caricatures de Jean Cassembon : ce sont plus de 700 personnes (120 le jour du vernissage, dont Jean-Pierre Dufau, maire de Capbreton, député des Landes)) qui ont franchi le seuil de la vieille maison du centre ville, aux pierres et aux poutres centenaires, pour faire connaissance avec le crayon de l'artiste et écrire quelques mots sur les pages du livre d'or.

- « Piquant, tendre et talentueux Jean Cassembon, autant de "madeleines" d'un Capbreton pas si lointain, à savourer sans modération » (Nelly).

- «  Quel bain de souvenirs, et pour la plupart inoubliables ! La mémoire en héritage : voilà un travail d'utilité publique». (Jean-Claude)

- « Merci de m'avoir appris un peu de mon passé ». (Mélanie, 8 ans)

Et puis l'émotion  de Noëlle Cassembon, fille de Jean, venue tout exprès de Paris, et pour le deuxième fois de sa vie à Capbreton : « Superbe expo qui m'a fait connaître une autre facette du talent de mon père. Merci ».

 

Suzanne Merceron, Noëlle Cassembon, Alain Duviella, Annick Burosse, Marie-Claire Duviella, Max Burosse. Ph. Ronald Fitte

 

 

Le jour du décrochage, c'est un visiteur prestigieux qui a poussé la porte, venu en toute simplicité rendre hommage à son cousin Jean dont il ne connaissait pas le talent de caricaturiste : Michel Camdessus, ancien directeur de la Banque de France et ancien président du FMI , tout nouvellement promu grand officier de la Légion d'honneur.

 

Ph. Ronald Fitte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M. et Mme Camdessus encadrant  la présidente de la SADIPAC Marie-Claire Duviella. Ph. Ronald Fitte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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