SUD LANDAIS




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À quelques encablures de la côte de Capbreton, s'ouvre une immense vallée sous-marine qui entaille profondément le talus continental, aspirant les sédiments en transit le long du littoral. Elle descend à des profondeurs abyssales et fait suite à la fracture des Pyrénées dont la surrection s'est produite il y a quarante millions d'années, à l'ère tertiaire. Localement on l'appelle « gouf » ou « fosse ». Ce gouf est connu de toute ancienneté. En 1491, lors  de l'enquête diligentée par le roi Charles VIII pour rapprocher de Bayonne l'embouchure de l'Adour, les Capbretonnais déclarent que « dans la grand mer il y a un lieu nommé le Gouf, lequel est le plus profond lieu de la mer qu'on sache de cette côte ». Le mot « gouf », né à Capbreton, est issu de gouffre  (ou plutôt de ses variantes, goulfe, goulfre) : en ancien français, il avait le sens à la fois de « golfe, repli de la côte » et de « vallée encaissée ». Le mot « golfe » n'a été usité qu'à partir du  XVIe siècle et les mots « golfe » et « gouffre » ne se sont différenciés qu'au XVIIe.  Dans les temps anciens,  le mot « gouf » a donc désigné non seulement cette profonde vallée sous-marine (seule signification que nous lui connaissons aujourd'hui) mais aussi  la vaste rade qui était celle de Capbreton depuis que l'Adour y avait trouvé son embouchure, et qui subsista jusqu'aux grands travaux de réaménagement du port ordonnés par Napoléon III.

« Baye, sein ou ance, sont ouvertures que la mer pousse et s'avance en la terre : l'Italien dit golfo di mare, au Cap Breton près Bayonne, on le nomme Gouf », disaient encore les Us et coutumes de la mer en 1643.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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