SUD LANDAIS




 

  

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Celui que nous appelons familièrement lou nouste Henric est le plus gascon d'entre nos rois de France, celui dont les soldats étaient surnommés au nord de la Loire les « Dious-bibans ». Combien de fois, alors qu'il n'était encore qu'Henri III de Navarre et gouverneur de Guyenne, est-il venu à Capbreton ? Une, deux ou trois fois ? Dans la Nouvelle chronique de la ville de Bayonne (1827), l'auteur, J.-B. Baïlac, écrit à son propos: « En 1583 il avait fait avec le prince de Condé un voyage au Boucau et à Capbreton ». Dans les  Annales de Capbreton et partie de celles de Bayonne (1842), le capitaine des Douanes J.-M. Bartro précise qu'en 1583 Henri de Navarre, venu à Capbreton, «  logea chez M.Ponteils, premier jurat. La maison était dans l'angle formé par la rue Fossecave, n° 2 et la rue Libet n° 8. Il en reste quelques pans de murs et une porte à présent murée ». C'est dans la maison dite du Rey que l'on s'accorde de nos jours à situer son séjour. Les archives anciennes de la ville ne comportent que deux brèves annotations sur le passage du futur roi de France à Capbreton. L'une en novembre 1584, où il est dit que furent offertes deux barriques de vin vieux au roi de Navarre et à « Mme sa sœur » qui sont logés à Capbreton (sans précision de lieu ni de l'hôte qui les reçoit). L'autre en avril 1585, où est notée la somme déboursée pour le vin donné à boire  aux marins qui sont allés le chercher lorsqu'il est arrivé par mer depuis Vieux-Boucau. On conserve à la mairie, dans un cadre doré à l'or fin, la lettre autographe qu'il écrivit aux jurats de Capbreton le 4 juin 1584.

                                

                                   Messieurs,

            Le capitaine Dulac, présent porteur s'en allant par devers vous, j'ai bien voulu faire la présente pour vous assurer de plus en plus de mon amitié et bonne volonté en votre endroit, ainsi que je lui ai commandé vous témoigner de ma part, aussi si il survenait quelque chose qui méritât que j'en fusse averti et en quoi vous pensiez que je puisse vous faire du plaisir, croyez que ce sera de bon cœur et ne faudra que bailler vos lettres au dit Dulac qui me les fera tenir sûrement, l'ayant envoyé à vos quartiers pour veiller et avoir l'œil à la conservation de mon port d'Albret et ce qui en dépend, à quoi je vous prie tenir la main et faire en sorte que toutes choses aient la fin que je désire. Ce que  me promettant de vous je ne vous en dirai pas davantage, pour prier Dieu vous avoir, Messieurs, en sa sainte et digne garde.

                             De l'Isle en Jourdain, le 4 juin 1584.

                                                                 Votre bon ami Henry

 

Ce qui, trois ans plus tard, n'empêchera pas les soldats du capitaine du Branar, à la solde du « bon ami Henry », d'attaquer Capbreton et de saccager l'église Saint-Jean de Bouret.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                             Maison du Rey

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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