Les « Fables causides de La Fontaine en bers gascouns », éditées à Bayonne en 1776 chez Paul Fauvet Duhard, forment un recueil de 106 fables, écrites dans une langue pure et soignée qui est le gascon bayonnais du premier tiers du XVIIIe siècle, accompagné d'un « Dicciounariot Gascoun é Francés » groupant environ 460 mots ou expressions. On ignore toujours quel est leur auteur. Ont été le plus couramment avancés les noms de Jean Darreche, surnommé Saint-Quentin, bourgeois bayonnais, d'un autre Jean Darreche, fils d'un boulanger de Bayonne, prêtre et chanoine, ou encore du poète populaire, tonnelier et marchand de vin, Pierre Lesca. On connaît par contre avec certitude le nom du mécène bayonnais qui a fait imprimer le livre à ses frais. C'est le négociant et armateur François Batbedat dont la famille paternelle était originaire de Vicq d'Auribat en Chalosse. Le recueil se compose de quatre Livres (Libi premé, Libi sigoun, Libi tresau et Libi quouatau) et le Livre premier s'ouvre sur la fable « Le cigale é l'arroumits, au pignada de Capbretoun »?
FABLES CAUSIDES DE LA FONTAINE LIBI PREMÉ
FABLE PREMÉIRE Le Cigale é I'Arroumits. Au pignada de Capbretoun, Le cigale, ab le sou cansoun, Tout l'estìou le yén ichourbibe : Cependén le saye arroumits Dous pés, de les déns é dous dits, Que s'amassabe de que bibe. Plan sabé que tout ço qui bìou Que minye l'iber com l'estìou. Atau ne resoune ibe auyole. Le cigale dounc fort mé hole, Dés qui lou téms s'ére arredit, Qu'es cache, que gagne ent'ou nid, Arrei n'y trobe à le penénte : Labets de courre à le balénte. Amigue, oubrits. ? Que demandats ? ? Quocause à minya, si bous plats. Quén bira le sesoun nabére, Hidats-bous à you, ma coumére, Qu'eb pagueréi, fe d'animau, L'interés é lou capitau. L'arroumits tustém estou chiche, P'ous auts com per ere-mediche : Eh, qu'abets héit l'estìou passat, S'ou dits à l'aute per arride ? ? Ço qui-éi héit, besi ? qu'éi cantat. ? Cantat ! fort plan, qu'en soun rabide : Que poudets dounc are dansa ; Més qu'en passerats de minya. Le praube cigale counfuse S'en tourne en case fort camuse. Mantr'un fenian, mé d'un penail Qu'es pot bede en deques mirail. ****** Lou Renard é lous Arresims
Bouns oubrés n'an tustém besougne.
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