GEORGES BONNAMOUR, L'INCONNU DE CAPBRETON
BONAMOUR, le nom d'un quartier, d'un pont, d'un des quais du port. A quoi rattacher ce patronyme, attribué, disait-on, à un poète qui habita la grande villa à l'entrée du pont ? Le dépouillement du journal La voix des pins, hebdomadaire qui fleurit à Capbreton en 1924, nous livra deux poèmes écrits par un Georges Bonnamour(avec deux n), rien de plus. Le secours d'internet et de patientes recherches nous ont permis de mieux cerner ce personnage qui vint en villégiature à Capbreton pendant presque trente ans. Ainsi avons-nous participé à la reconnaissance (au sens littéral du mot) d'un homme qui, sans être célèbre, compta tout de même en son temps, de la fin du XIXe siècle à la moitié du XXe siècle. Le patronyme Bonnamour est attesté depuis 1537. Une légende bretonne veut que ce nom vienne d'un enfant abandonné et recueilli dans le « Bois d'Amour », près de Pont-Aven, appellation qui aurait été déformée en Bon(n)amour. Le berceau de la famille se situe à Dommartin, dans l'Ain, à quelques kilomètres de Bourg-en-Bresse. La plus forte concentration du patronyme (1049 Bonnamour recensés de 1891 à 1990) se rencontre dans le Rhône, l'Ain, Pierre Gilbert Georges Bonnamour est né le 20 février 1866, encore que par coquetterie il se rajeunissait de deux ans, se disant né en 1868. La même année naissaient aussi Tristan Bernard et Victor Margueritte. Son père, Michel Bonnamour, 29 ans, est maître d'hôtel. Sa mère, Marianne née Enjol, rentière, est âgée de 34 ans. Le couple réside à Paris, dans le 9° arrondissement, au 17 de la rue Bleue, ainsi dénommée pour avoir abrité une fabrique d'indigo sous l'Empire. Sont témoins de l'acte de naissance : Jean Baptiste Troussot, domestique, résidant aussi au 17 rue Bleue et Pierre François Vidondeau (Bidondeau ?), rentier, porteur d'un patronyme aquitain. On peut supposer que les uns et les autres font partie de cette cohorte de provinciaux du XIXe siècle « montés » à Paris pour y trouver du travail. Le destin de Georges Bonnamour ne s'accomplira pas dans l'hôtellerie. Après des études secondaires (peut-être au lycée Lamartine, voisin) et, dira-t-il plus tard un passage aux Langues orientales, il se destinera à la littérature, la poésie et le journalisme, se déclarant selon les cas homme de lettres ou publiciste. Parallèlement il recevra une formation esthétique auprès de Victor Viollet le Duc, neveu du célèbre architecte, fils d'Adolphe Etienne Viollet le Duc, paysagiste. Plus tard, ayant déménagé à Neuilly, d'abord au 27 rue de l'Hôtel de ville, puis au 10 de la rue de l'Ecole de mars, il deviendra l'élève de Gaston Gélibert, un peintre animalier installé à Chatillon. Le choix de ce professeur déterminera probablement l'implantation de Bonnamour à Capbreton, village où Gélibert se retirera vers 1902. Il est amusant de constater que l'immeuble ou naquit Georges Bonnamour sera illustré en l'an 2000 par un film français de Chad Chenouga 17 rue Bleue. En faisant abstraction du scénario du film, nous avons un aperçu du cadre de vie de Georges Bonnamour, la porte monumentale de l'immeuble, le long porche franchi en rentrant de l'école, les escaliers qu'il gravit et la cour intérieure où il joua enfant. Que savons-nous de la personnalité et du caractère de Bonnamour ? A défaut d'une autobiographie, nous puisons des indices dans ses écrits, essentiellement ceux de la fin du XIXe siècle dans lesquels il consacra beaucoup de temps au journalisme. Un homme assurément intelligent et cultivé, le prototype du bourgeois de la fin du siècle, illustré par Boni de Castellane ou Montesquiou. Une assurance, une morgue et une détermination, comme l'expriment tous les jeunes de vingt ans, en 1886 comme de nos jours. A 24 ans Bonnamour écrit : A l'âge où je suis, je pourrais encore jouir pendant des années du privilège qu'ont les jeunes de s'en tenir toujours aux « brillantes promesses » que jamais, hélas ! ils ne réaliseront. Je laisse à d'autres cette attitude et je songe avec mélancolie à tous ceux que la vieillesse guette et qui sortiront de la salle du banquet où ils pérorent d'un si frénétique accent sans rien laisser d'eux, sur la table, qu'un cigare éteint et un rond de serviette.
Le mari de Colette, Willy, observe que : Georges Bonnamour dirige avec vigueur et persévérance
Bonnamour revendique la liberté d'expression, justifie son orgueil : Nous traversons une crise de pudeur, d'honnêteté soudaine et de vertu féroce. Froidement, lentement, solennellement, à coups précis, calculés, mécaniques, d'arrêts de jugements et d'amendes, on étrangle la liberté … J'estime que c'est un droit pour un écrivain d'outrager dans ses livres, autant qu'il lui plaît et comme il lui plaît, des idées, des théories, des dogmes auxquels il ne croit pas. Il est vrai qu'il est passé en correctionnelle en 1892 pour outrage aux mœurs, en raison de la hardiesse de ses écrits, au nom de la loi de 1882 censurant la presse. La condamnation ( L'évangile enseigne le renoncement et l'humilité. La morale préconisée par M. Rosny enseigne au contraire que le devoir est de s'élever toujours, le bien n'est pas le sacrifice, l'abnégation, mais la lutte, la force, l'intelligence, que, le génie et l'orgueil, l'ambition elle-même, tous ces nobles épanouissements de la vitalité cérébrale, ont droit à l'existence, à la conquête, au règne. Cette morale répudie la parole du Christ « Vous n'entrerez dans le royaume des cieux que si vous devenez semblable à ce petit enfant ». Elle s'appuie sur la science et elle vient dire : Non il ne faut pas tendre la joue gauche lorsqu'on a été frappé sur la droite, non il ne faut pas, lorsqu'on a la joie précieuse d'être né avec de hautes facultés, se condamner à devenir Moujick. Voilà posées d'une façon bien nette, les bases d'un mouvement philosophique auquel se rallieront toutes les intelligences.
Le livre de Jean Noël Jeanneney sur le duel ne cite pas notre personnage, mais il ne serait pas surprenant que le bouillant publiciste ait un jour utilisé cette manière, alors à la mode, pour laver un point d'honneur. Plus tard, Bonnamour mettra son énergie dans des écrits politiques. Il sera en 1892 de la polémique pour l'érection d'une statue sur la tombe de Baudelaire, contre Louis Pilate de Brinn'Gaubast accusé d'avoir volé à Daudet le manuscrit des Lettres de mon moulin, se mêle de l'affaire Caillaux-Calmette et est condamné par laurent Tailhade en 1902 à Un fort tempérament donc, mais avait-il des sentiments religieux ? Il signe son premier recueil de poèmes La syrinx en 1886 « le vendredi après les cendres, jour de Que sait-on de l'homme intime ? Dans Le songe d'une nuit d'hiver poème publié en 1890 Bonnamour écrit : Du scepticisme : Eh ! Quoi nier ? croire ? affirmer A ces bons vieux mots là vous préférez : aimer Votre amour de peur d'être hypocrite est cynique Et cet enfant gourmand et gâté fait la nique Aux bégueules, au can't anglais, aux puritains Il a le verbe clair et les yeux libertins Et c'est un virtuose en volupté savante Mais au lieu de cacher ses vices, il s'en vante
Cet ouvrage a été co-écrit avec Gaston Moreilhon, sous le pseudonyme de Gaston et Jules Couturat. Le perfide Willy insinue : Tantôt il associe sa virilité à la féconde nubilité de Gaston Moreilhon et, pour ce prolifique baiser, ces deux fervents époux, délaissant leur état-civil réciproque, entrent en ménage sous la raison sociale « Gaston et Jules Couturat ». Ce nom expressif de Couturat, autant que l'unité de conception et d'écriture des œuvres élaborées, indique l'intimité indestructible de cette suture. Quand ils célèbreront leurs noces d'or, de quelle légion d'enfants ils seront entourés.
Bonnamour confesse dans un éditorial : Ce charmant Gaston Moreilhon un peu trop près de moi pour que j'en puisse parler avec le désintéressement qui convient.
Plus troublant, ce passage du Songe : Puisque le temps sur elle a mis son hideux sceau Puisqu'il n'est pas d'amante éternellement bell Contre la loi d'impureté je me rebelle Je porte dans mon cœur l'amer dégoût de la Femme, et je n'ai plus soif de ses baisers. Voilà ! Est-ce un aveu d'homosexualité, tendance bourgeoise très à la mode à la fin du XIXe siècle ? On rétorquera que Bonnamour s'est marié à 42 ans en 1908 avec une dame de 33 ans, mais cela ne prouve rien. Nous n'aurons aucune chance d'approfondir le sujet, sans grand intérêt d'ailleurs dans la vie de Bonnamour. Mais alors ? ce poème dédié par Verlaine en 1890 ? Henri Troyat estime que l'ouvrage Dédicaces dont il est extrait est d'un intérêt mineur, ensemble de sonnets en hommage à tous les amis, qu'ils soient rimeurs, romanciers, peintres, journalistes ou médecins dont Verlaine a eu à se louer. Le poète est malade, sans le sou, au point que Maurice Barrès en 1894 forme un comité de 15 personnes qui lui verseront une rente mensuelle. Bonnamour doit être de ces quinze et Verlaine le remercia d'un sonnet :
Puis il fallut manger et boire. Comment faire ? Mais vous vous trouviez là qui me tendiez mon verre Et découpiez ma chère et me teniez le front.
Il ne faut voir dans ce rapport là qu'altruisme et compassion.
Où en est la littérature à l'avènement de Georges Bonnamour ? Classicisme et rationalisme ont laissé la place au début du XIXe siècle au romantisme de Lamartine, Vigny, Hugo. Mais voici qu'en 1866 le mouvement du Parnasse, initié par José Maria de Heredia, veut, par réaction, rendre un culte à la beauté impassible, rechercher l'art pour l'art, faire preuve de recherches érudites. En réaction de ce mouvement, en 1886 Jean Moréas lance le symbolisme dans lequel les idées sont plus suggérées qu'affirmées, tout en réclamant un assouplissement des vers et de la rime. Parallèlement, le naturalisme d'Emile Zola préfère dépeindre la nature et ses réalités plutôt que de la rêver. Dans la foulée, s'appuyant sur les progrès de la science, voici le réalisme scientifique, avec à sa tête Rosny. Au moment de l'affaire Dreyfus, il publiera La déposition de M. Bertillon devant la cour de cassation, Le procès Dreyfus, étude sur le bordereau, Le procès Zola, impressions d'audience. Il publie en 1899 une conférence sur La mission Marchand. A la fin de l'affaire Dreyfus, en 1899, Bonnamour se situe à 33 ans dans un paysage littéraire copieusement chargé. Sont trentenaires comme lui André Gide, Paul Claudel, Francis Jammes, Edmond Rostand, Jules Renard, Georges Feydeau, Maurice Maeterlink, Saint Pol Roux, Paul Margueritte. Chez les quadragénaires, citons Rosny jeune, Rémy de Gourmont, Albert Samain, Georges Courteline, Jean Moréas, Emile Verhaeren, Sigmund Freud, Laurent Tailhade, Oscar Wilde, Paul Bourget, Pierre Loti. Octave Mirbeau, Anatole France, François Coppée, José Maria de Heredia, Emile Zola sont déjà quinquagénaires, tandis que Jules Verne affiche 71 ans. Des talents se dévoilent chez les moins de 20 ans : Roger Martin du Gard, Georges Appolinaire. Entre 20 et30 ans : Anna de Noailles, Léon Paul Fargue, Max Jacob, Paul Eluard, Jérôme Tharaud, Charles Péguy, Alfred Jarry, Colette, Paul Léautaud, Marcel Proust, Paul Valéry, Pierre Louys, Henri Bordeaux. Comme on le voit, la concurrence est dure lorsque Georges Bonnamour décide à son tour de devenir homme de lettres et la postérité choisira les survivants. La détermination de Bonnamour lui permettra cependant d'exercer cette profession pendant 60 ans, avec des poésies, des romans, des écrits politiques, des éditoriaux et des critiques littéraires.
Le poète Georges Bonnamour écrit : Il est des musiques de mots douces comme des caresses, des sursauts de phrases vifs et légers, qui semblent des jeux de brise, des caprices d'eau libre. Parfois c'est aussi d'une mollesse languide. La phrase coule alors d'une belle allure lente, avec des câlineries charmantes, des paresses heureuses.
Ses poésies en alexandrins sont parfois pleines de préciosités parnassiennes. Il écrit : le matin vernal, un orbe prodigieux, le pourchas d'amour, le blanchoiement de la chair, les bleus pourpris, la sensibilité nous poigne.
Il parle d'un rivulet d'esprit, du flot qui clangore (fait le bruit du cœur), d'un essieu qui garrule, voire de nuances de couleurs inspirées du réalisme scientifique : l'argent fondu dans l'hyacinthe (zircon rouge orangé), les roses de béryl (pierre de couleur variable), les feux de cinabre (sulfure rouge brun).
Quand il cède au symbolisme, cela donne ces vers extraits du Songe d'une nuit d'hiver : Mon sang brûlait comme un ferment subtil Les désirs du pollen flottaient sur le pistil. Sa production poétique va de La syrinx (1886) à La boîte à Pandore en 1947, début et fin d'une carrière littéraire (après un ultime livre Des années maudites 1848-1866 1870-1871 publié en 1953), en passant par Le songe d'une nuit d'hiver (1890), prolongement du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn (1828), un cycle conclu par Gabrièle d'Annunzio en 1897, écrivant Songe d'une matinée de printemps et Songe d'un soir d'automne . Puis en 1936 Au fil du temps suivi de Trois poèmes en 1938. Bonnamour figure dans un index biographique, cité par le poète autrichien Hugo von Hofmannsthal, librettiste de Richard Strauss qui mettra en musique son Chevalier à la rose. Premier roman recensé en 1890 Fanny Bora, refusé dans les bibliothèques des gares alimentées par Hachette. L'ouvrage recevra une publicité inattendue sous la forme d'une intervention à la Chambre des députés de Maurice Barrès le 23 octobre 1890 : Ah ! la pudeur de la maison Hachette ! Elle hésite, chancelle devant un gros bénéfice, et finalement ouvre ses bibliothèques à deux battants, comme une vertu légère ouvre ses bras (rires). C'est le raisonnement que je tenais à M. Bonnamour, qui est l'occasion de ce débat (sourires). M. Bonnamour dont le nom vous est si évidemment sympathique, est surtout un talent fort sympathique, très distingué quoique peu connu. Son premier volume a été repoussé par la maison Hachette comme choquant les mœurs. Je vous assure, messieurs, que j'ai tout autant de répugnance qu'aucun parmi vous pour ce qui peut rentrer sous l'étiquette de pornographique, et je ne serais certainement pas l'homme d'une démarche qui semblerait vouloir excuser une façon de spéculation qui n'est pas de la littérature. Mais le volume de M. Bonnamour n'a de léger que ce qui peut ajouter un peu de grâce à sa littérature. Je lui disais : Ne vous inquiétez pas trop ; la maison Hachette vous repousse maintenant, mais quand vous vendrez –ce qui arrivera sûrement- à 30000 exemplaires, comme M. de Maupassant et autres beaux talents, c'est la maison Hachette elle-même qui viendra à vous.
Réponse du ministre Yves Guyot, lui-même auteur : L'honorable M. Barrès a parlé de l'interdiction d'un volume publié par un de ses amis M. Bonamour (avec 1 seul n). Il a dit que, quand M. Bonamour aurait de grands succès, la maison Hachette vendrait son livre ; mais l'interdiction de vente dans les gares n'empêche pas les grands succès. Les premiers romans de M. Zola n'ont pas été vendus dans les gares, cela n'a pas arrêté leur vogue.
L'intervention de Barrès n'empêchera pas un procès pour outrage aux mœurs en 1892.
Toujours en 1890 Bonnamour publie Représailles à propos duquel Willy note : Le style a cette lucidité coulante, cette fermeté sans tarabiscotages. Les épithètes ne sont pas trop lointaines, les images pas trop cherchées. Peut-être pourrait-on reprocher à l'auteur quelques abus de doubles qualificatifs réunis par la conjonction « et », au risque d'alourdir un peu la phrase, griefs bien minimes qui ne sauraient pâlir le vif éclat de ce livre, nouveau par ses tendances et par sa forme. En 1891 publication, sous le pseudonyme de G. et J. Couturat Le naufrage, suivi de Trois femmes (1893), Trois hommes (1894) , Le trimardeur, La misère humaine (1895) La gloire (1898) Marie et Marthe (1903, inversion du Marta y Maria de Palacio Valdès, publié en 1903 dans le journal « l'Abeille de
Ces œuvres sont tombées dans les oubliettes de la littérature comme nombre d'ouvrages publiés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. On remarque que, suivant les publications, Bonnamour signe George(s), avec ou sans s, peut être en référence à George Sand ou à son beau père. Le journaliste collabore à des revues et des journaux dont il deviendra pour certains rédacteur en chef. En 1888 il est rédacteur fondateur des premiers numéros de La petite revue de littérature et d'art. Il est co-fondateur avec Léon Deschamps de La plume en 1889 dont il devient secrétaire de rédaction. La même année il est rédacteur des Annales gauloises. Le voici rédacteur en 1890 de La revue indépendante dont il deviendra rédacteur en chef de 1895 à 1898, écrivant de longs éditoriaux et des critiques littéraires. Il provoque en 1893 la démission des rédacteurs Pelletier, Beaubourg et Mauclair, dont il avait censuré un article louant le poète Saint Pol Roux, collaborateur de La revue blanche et surtout dreyfusard convaincu. Directeur administrateur de la revue « La lanterne japonaise » il sera chargé en 1894 d'une mission artistique au Japon par le Ministre de l'Instruction et des Beaux Arts. En 1897 il publie dans Bonnamour donne 7 poèmes à La revue hebdomadaire de 1894 à 1901. Il sera rédacteur du journal L'éclair, rappelant qu'en 1905 : Lorsque l'Entente cordiale fut officiellement scellée par la visite à Porsmouth d'une escadre française commandée par l'amiral Caillard, j'étais du nombre des quatre journalistes français ( Rousseau du Temps, Jules Huret du Figaro, Babin de l'Illustration, et moi-même pour L'éclair) à participer à toutes les réceptions qui, après les démonstrations navales, furent offertes à nos marins par le roi Edouard VII, l'Amirauté et De 1919 à 1923 il sera rédacteur en chef de ce journal. Il écrivait aussi sous les pseudonymes de Georges Bec, André Blondel, Jules Couturat. Malgré sa mésentente avec Judet, il collabora longuement à L'écho de Paris, Occasionnellement au Drapeau de Paul Déroulède avec qui il entretint des rapports fluctuants. Ainsi l'attaqua-t-il durement dans L'écho en 1896 avant de se réconcilier avec lui à la faveur de l'affaire Dreyfus. Il lui écrivit alors : Je goûte pour la première fois de ma vie la joie de me dévouer à un grand honnête homme. Après le putsch manqué de Déroulède et son exil à Saint Sébastien, Bonnamour devint son journaliste favori, écrivant Les entretiens avec Paul Déroulède. En 1901 quand Urbain Gohier exhuma l'article de 1896, Bonnamour répliqua vigoureusement dans Le drapeau.
Par ailleurs, dans l'article qui lui est réservé en 1934 dans Ceux dont on parle, Bonnamour dit qu'il a travaillé à La cocarde de Maurice Barrès et au Figaro. Il avait dirigé le journal électoral de Barrès Le nouveau journal de Neuilly à l'occasion des élections de 1893. Il avait sollicité Edouard Drumont pour obtenir de la publicité dans La libre parole. Curieusement nous ne trouvons pas trace d'une collaboration dans L'action française, bien que Bonnamour ait été secrétaire général de La ligue de la patrie française en 1908. En 1924, en résidence à Capbreton, Bonnamour donnera deux poèmes à La voix des pins. Il aurait écrit dans Je suis partout de Robert Brasillach entre 1941 et 1944. Bertrand Joly, historien du nationalisme porte sur lui le jugement suivant : Georges Bonnamour a produit une œuvre littéraire abondante aujourd'hui totalement oubliée. Cet homme sincère mais sans doute assez peu intelligent avait besoin d'une cause à servir et d'un chef à suivre. Le journaliste Bonnamour se retrouve comme censeur, attaché volontaire au cabinet du ministre de la guerre (le général Galliéni du ministère Briand) de 1915 à 1916, en compagnie de Victor Margueritte. Armand Charpentier, ancien vice-président du parti radical, accueille ce dernier en disant : Vous tombez mal car ici aussi la réaction règne en maîtresse. Au moment de mettre sous presse, l'épreuve complète du journal ou morasse est envoyée à la censure. Par téléphone les censeurs indiquent l'article, la phrase, le passage à supprimer. Les journaux ayant déjà cliché, il est trop tard pour recommencer la mise en page. Un ouvrier gratte alors les clichés avec un outil spécial l'échoppe (d'où le terme échopper). Il ne faut évoquer ni les accidents d'avion, ni le ravitaillement en blé et farines de Paris, ni celui des pays envahis, les femmes violées par les Allemands, les renseignements météorologiques. L'extrême platitude des informations concernant le front et le bourrage de crâne font carrière. Après un séjour sur Comment Bonnamour juge-t-il les écrivains de son temps ? Le critique a parfois la dent dure pour ses collègues, d'autant plus si ceux-ci affichent des divergences politiques envers lui. Il écrit dans Le songe d'une nuit d'hiver : C'était l'heure où s'ouvrant comme un ventre L'Odéon boréal vomissait de son antre Parmi le torrent noir des Philistins, le tas Sacerdotal des Gueux des lettres : potentats Du journal, écumeurs de la scène, ou critiques Carnassiers, comptenteurs des auteurs dramatiques : Sarcey, crevant de gloire, obèse et marmiteux, L'échevelé Lapommeraye, et le piteux Fouqier, cet usurier de la littérature ! Ganderax, impeccable et froid de sa nature, France qui tous les jours évoque l'Institut, Et ce croquemitaine affaibli de Vitu ! Et Prudhomme-Derosne et Demaître ce cuistre, Et toutes les chienlits à figure sinistre Ayant pour encre l'eau du bidet d'une catin . Ne croirait-on pas entendre les fulminations de Cyrano ? Il affirme ses convictions : Nous croyons et nous espérons qu'un mouvement littéraire et philosophique tout pareil à celui que provoquèrent au siècle dernier les Encyclopédistes, se prépare, et nous avons l'ambition d'y participer.
Il n'a aucun complexe pour juger les auteurs reconnus : Hugo grandit dans son rêve étoilé et, géant de baudruche éperdument gonflé ……. M. Zola, qui eut naguère une autre attitude plus fière et plus noble, a eu le tort de changer d'avis……. Lorsqu'on a, comme M. Loti, proclamé à tous les échos l'ignorance où l'on est, de par sa volonté, du mouvement intellectuel contemporain, on perd à tout jamais le droit de le juger……. Après Tartarin et les échecs mérités, il nous semblait que l'heure venait de sonner pour M. Daudet où se recueillir est le grand devoir,ne pas donner aux générations qui se lèvent le spectacle à la fois lamentable et piteux d'une intelligence qui décline, s'épuisant à revivre en des œuvres veules où rien ne survit de ce qui fut, un jour, l'excuse du succès, je veux dire le talent.
Par contre il apprécie d'autres auteurs : M. Jules Renard est un exquis notateur d'attitudes fugaces et parle ainsi du Vamireh de Rosny : J'éprouve à saluer ici cette nouvelle œuvre du plus original romancier de la génération montante, un poète qui est en même temps un savant. Dans ses écrits politiques, le publiciste Bonnamour apparaît comme un nationaliste. Comment définir ce mouvement multiforme, présent en France depuis C'est un attachement exclusif à la nation, identité historique, culturelle, linguistique et religieuse, prévalant sur l'individu. Cette patrie doit être régentée par un pouvoir fort, monarque ou empereur. Primauté de la puissance nationale sur les rapports internationaux. Doctrine mise à mal par l'instauration de Sur le plan extérieur, les nationalistes sont en phase avec les gouvernements monarchiques, s'opposent à l'Allemagne (ennemie héréditaire), à L'affaire Dreyfus (1894-1899) a exacerbé le nationalisme. Dans l'entre deux guerres fleuriront l'antisémitisme, l'anticléricalisme, l'antimilitarisme, l'antimaçonnisme, l'antiparlementarisme. Une partie du nationalisme est devenue favorable au fascisme allemand et italien, ces pays véhiculant l'idée de nations fortes dirigées par un grand chef. On a parfois assimilé les nationalistes aux anarchistes, ennemis radicaux de toute hiérarchie, prônant la spontanéité des masses. Les deux mouvements se sont parfois côtoyé, les uns essayant de convaincre les autres. Il y a des filiations et des chevauchements dans l'histoire du nationalisme, d'Henri de Rochefort à Marcel Déat, en passant par le général Boulanger, Maurice Barrès, Paul Déroulède, Edouard Drumont, Jules Guérin, Charles Maurras, Léon Daudet, le colonel de
Georges Bonnamour est un inconditionnel de Maurice Barrès à qui il adressa 101 lettres de 1890 à 1923. Ce romancier et homme politique vosgien devint député de Nancy en 1889, puis de Paris de 1906 à sa mort en 1923. Il a défendu Bonnamour à Vous serez mes amis des dernières années De ces jours dont le poids, fatal et meurtrier, Etouffe un cœur rempli d'illusions fanées Qui ne sait plus souffrir et ne peut plus crier…. Et je ne serai plus, homme désenchanté, Qu'un vieillard impotent que tout irrite et blesse. Beaux arbres, rendez-moi l'amour que j'eus pour vous Parez mes derniers jours de votre éclat si doux, Enivrez-moi de paix, et faites que je sente Mon cœur s'éteindre au bruit d'une forêt qui chante. La troisième république est une période agitée, pleine d'affaires retentissantes à la fin du XIXe siècle : le scandale des décorations impliquant Wilson, gendre du président Grévy en 1886, le scandale de Panama en 1892 et surtout l'affaire Dreyfus de 1894 à 1899. Parmi les dreyfusards on trouve Emile Zola, André Gide, Marcel Proust, Léon Blum (alors critique théâtral), François Mauriac, Georges Clemenceau, Jean Jaurès, Anatole France, Jules Renard, Octave Mirbeau, Laurent Tailhade, Georges Courteline, Alexandre Dumas fils, Paul Léautaud, Anna de Noailles, Ludovic Trarieux, Emile Durkheim, Charles Péguy et Mathias Morhardt, secrétaire de Chez les anti-dreyfusards figurent Maurice Barrès, Charles Dumont, Henri de Rochefort, Paul Déroulède, Charles Maurras, François Coppée, Willy, Alphonse Daudet, Guy de Maupassant, Ernest Renan, Pierre Loti, Paul Valery, Pierre Louys, Jose Maria de Heredia, Paul Bourget, Léon Daudet, Jules Verne et Georges Bonnamour. Les frères Rosny et Margueritte ne prennent parti pour aucun camp. A la fin de l'affaire, Bonnamour figure parmi les trentenaires du nationalisme, en compagnie de Barrès, Léon Daudet, Charles Maurras. Les vieux leaders Paul Déroulède, Edmond Drumont, sont quinquagénaires. L'étoile de Charles Maurras finira par s'imposer, mais il semble que Bonnamour ait mis quelque distance avec le mouvement La patrie française. François Coppée lui dédie amicalement son livre Contes pour les jours de fête en 1902, hommage d'écrivain à écrivain ou du président d'honneur de La patrie française au secrétaire du mouvement. Bonnamour a publié à la fin de l'affaire Dreyfus trois ouvrages anti-dreyfusards : La déposition de M. Bertillon devant Son obsession est la liberté : Ou il y a une liberté de conscience, une liberté d'examen, une liberté de discussion, ou les révolutions ne sont qu'un mensonge, un mensonge aussi les déclamations des politiciens que nous subissons et qui nous gouvernent……. Liberté, liberté chérie ! l'ai-je entendu, tout petit enfant, ce refrain planant sur les murmures des foules ivres, par les soirs d'émeutes à la fin de l'Empire ! et depuis, dans les assemblées politiques où j'allai, spectateur ironique et dégoûté, m'instruire du néant de nos hommes d'Etat, que de fois j'ai souri de leur ivresse à clamer ces mots….. Le pouvoir et la loi sont des institutions périssables que le vent des révolutions balaie avec une sérénité vengeresse. C'est un discours à la limite de l'anarchie. Bonnamour rendra hommage à Barrès en écrivant un roman d'après une pièce du député, écrite en 1894 et jamais jouée publiquement : Une journée parlementaire. Il règlera ses comptes avec les francs-maçons en 1907 en publiant Gabriel Syveton, défendant un député nationaliste retrouvé suicidé après avoir souffleté le ministre de la guerre accusé d'avoir sélectionné des officiers d'après un fichier d'origine maçonnique. Il écrira aussi un roman d'inspiration naturaliste anarchisant Le trimardeur en 1895 et, un an avant le retentissant discours de Jaurès (1897) La misère humaine. Dans Duruskam, est-ce un crime ? en 1911 il évoque ce personnage qui écrivit sur la justice et les magistrats. Georges Bonnamour est une seule fois tenté par l'expérience parlementaire, se présentant les 27 avril et11 mai 1902, sous l'étiquette Républicain, aux élections législatives à Saint Claude dans le Jura. Il fait acte de candidature contre le député sortant, lui aussi Républicain, deux radicaux et un socialiste. Au 1° tour, sur 12710 voix, il obtient en seconde position 3720 suffrages, soit 29,27 %, derrière Emile Cère, député sortant qui l'emportera au second tour avec 7971 voix (Bonnamour 286). En quel terme Bonnamour se trouve-t-il par rapport à la guerre ? Il publie en 1911 Enquête sur l'antimilitarisme et, dès 1914, se retrouve administrateur de l'hôpital 214 de A la fin des hostilités, Bonnamour est un quinquagénaire nationaliste. Sont apparus Jacques Doriot, Marcel Déat, Drieu Sur le plan littéraire arrivent sur la scène des moins de vingt ans : André Malraux, Saint Exupéry, Robert Desnos, et dans les moins de 30 ans Louis Aragon, Antonin Artaud, Henri de Montherland, Jean Giono, Marcel Pagnol, Céline. Dure concurrence d'autant que les étoiles de Mauriac, Apollinaire, Proust, Valéry, Gide, Rostand, Claudel, brillent de tout leur éclat. Bonnamour, comme Briant, est partisan de la paix avec l'Allemagne, amorcée par les accords de Locarno en 1925 et Briant-Kellog en 1928. Entre les deux accords Bonnamour publie en 1927 Le rapprochement franco-allemand, au moment où Otto Abetz, le futur ambassadeur allemand à Paris, initie la même chose outre-Rhin. Les sentiments de Bonnamour n'ont pas évolué vis-à-vis de l'Angleterre. Bien qu'ayant couvert pour L'éclair l'Entente cordiale en 1905 et ayant épousé une dame d'origine anglaise, ses sentiments restent très anglophobes. Il publie en 1899 le texte d'une conférence donnée à quelques officiers français unis à quelques uns de nos politiciens les moins recommandables que le remords et la peur avaient poussé à émigrer, (qui) trouvaient non seulement une large hospitalité, mais encore un appui financier qui leur permettait de se dresser en adversaires du gouvernement régulier formé par le Maréchal Pétain, ou encore de puissantes colonnes au milieu desquelles se fourvoyaient des mercenaires embrigadés par de Gaulle et Catroux, deux traîtres avérés, déjà frappés de mort civile et qui ne peuvent même pas compter sur l'estime et la reconnaissance de ceux qu'ils servent à prix d'or semble avoir échappé aux épurateurs de 1944 à 1946, en vertu de l'ordonnance du 26 juin 1944 qui punit les infractions commises au préjudice de l'une quelconque des nations alliées ou de Sans doute sauvé par le tirage confidentiel de l'ouvrage, plus chanceux que Brasillach, Luchaire, Suarez, échappant à la justice sommaire à laquelle succombèrent Henriot et tant d'autres obscurs collaborateur, Bonnamour se semble pas avoir fait de prison ni faire partie en 1946 de la liste d'écrivains frappés d'indignité nationale, puisque cette année là il publie un de ses derniers ouvrages, des poèmes Rimes de guerre 1940-1944.
Dans la première décennie du XXe siècle, Bonnamour va faire de Capbreton sa résidence secondaire. Ce choix est sans doute guidé par son professeur de peinture Gaston Gélibert qui s'est rapproché de son frère Jules à Capbreton. Peut-être la région a-t-elle été évoquée au hasard de rencontres avec Paul Margueritte qui envisage de rejoindre Rosny jeune à Hossegor. Cet Hossegor touristique n'existe pas encore, mais les environs sont tout aussi plaisants, notamment cette plage du Bouret à Capbreton, déserte, et ses terrains environnants. La quarantaine est là, Bonnamour y apparaît comme le prototype du bourgeois de l'époque, tel qu'il se fait peindre par Henri le Fauconnier en 1906. Willy le croque en quelques mots : Comme tous les directeurs passés de
C'est vrai que l'homme a de la prestance. Ne vient-il pas d'épouser à Neuilly le 22 décembre 1908 Georgina Mathilde Howe. Cette dernière est l'avant dernière d'une famille de huit enfants. Le père George Frédéric est ingénieur urbaniste, réalisateur de percements de boulevards à Bruxelles. La mère, sans profession, décèdera à 41 ans alors que Georgina n'avait que 4 ans. Madame Bonnamour décèdera à Neuilly peut être après 1954 . On ignore quand et où elle est inhumée. Le 10 octobre 1910 Bonnamour achète un terrain de La cabane fut terminée en 1912 puisqu'elle figure sur une carte postale envoyée en juin 1913. Façade labourdine, entrée décorée de deux figures, Janus ou masques de théâtre. Le couple Bonnamour y réside surtout l'été, ayant, sur demande à la mairie, confié la garde des propriétés à Jean Blanc dit Abel en 1912, remplacé en 1913 par Salvat Toulet. M. Bonnamour fait appel à du personnel communal ou à des pêcheurs pour consolider régulièrement la rive droite du Boudigau qui borde sa propriété. Plus tard, alimenté en électricité depuis la plage, il aura quelque souci avec le câble électrique régulièrement accroché par les bateaux de pêche qui rejoignent la cale Fanny. Nous savons par le journal La voix des pins que le couple séjournait l'été 1924 en compagnie d'une belle-sœur Pauline et d'une invitée anglaise. Mlle Destribats se souvient de ces deux quinquagénaires distinguées et bien vêtues qui venaient régulièrement prendre des bains chauds dans l'établissement du pont Lajus et discutaient mariage. En effet, leur nièce Simone devait épouser vers 1925 Paul Deyris, le fils du député des Landes Pierre Deyris. Le couple divorcera en 1931 et Simone se remariera avec M. Saffores. Quelles furent les fréquentations capbretonnaises du couple Bonnamour ? Rosny ? d'Astanières ? Margueritte ? Gélibert ? aucune mention dans les écrits des uns et des autres. Morhardt ? Palacio Valdès ? autres sommets de ce triangle d'écrivains résidant à Morhardt sait que Bonnamour est là, sur l'autre rive du Boudigau. Sans doute les adversaires à l'époque de l'affaire Dreyfus n'ont-ils pas spontanément sympathisé. En 1918, lorsqu'un neveu de Rosny et sa mère se suicident dans les dunes de Capbreton, Morhardt écrit à Maurice Leroy : Réussirons-nous à cacher ce drame tout à fait ? Il y a ici un Georges Bonnamour sur la délicatesse de qui on sait qu'il ne faut pas compter montrant le degré d'inimitié entre les deux écrivains. Mais, le temps passant, les relations entre les deux hommes se normalisèrent dans les années trente. Le 15 mars 1930, écrivant dans le journal Capbreton-Hossegor à propos du séjour de Bonnamour à Nice, Morhardt parle de « notre vieil ami Georges Bonnamour », ce dernier figurant peut-être sur une photo prise dans le parc de Bonnamour ne semble pas avoir fréquenté « Les amis du lac » à Hossegor, repaire de francs-maçons (Leroy, Eluère, Grunebaum-Ballin) trop à gauche à son goût. Il aura sans doute vécu comme une provocation cette « Fête des Faucons rouges », donnée au pied de sa villa le 23 août 1936, à moins qu'il n'ait déjà vendu Dès 1930 le couple Bonnamour fréquente aussi Après une vie, somme toute bien remplie, allant du second empire à Comme le Petit Poucet, il avait jalonné son chemin de miettes de pain vite disparues. Grâce à Sources BN papiers Bonnamour naf. 13798 A.N. 401 AP 4, 4 lettres à Paul Déroulède A.N. 454 AP 48 dossier de Georges Bonnamour à A.N. 11 AR 675, fonds du PETIT PARISIEN B.N. fonds Barrès (1890-1923) 101 lettres de Georges Bonnamour |
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