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Capbreton, jeudi 9 octobre 2008
Par quelques mots M.-C. Duviella, notre Présidente, pour cette Sortie qui nous conduira à Port-de-Lanne(visite du musée de la batellerie sous la conduite de son créateur) puis, dans l'après-midi, à Sorde-l'Abbaye, après le déjeuner - qui fut excellent – au restaurant « La Ferme d'Orthe » (Commune d'Orthevielle), nous accueille alors que notre 30ème passager arrive juste !
- 9 h. 15 : Temps un peu frais mais ensoleillé. Cela promet d'être agréable. Alors : sifflet du départ ! >
À Port-de-Lanne:
- 9 h. 58 : Devant sa « Vieille Auberge » Albert Lataillade nous attend. « Bon pied et bon oeil » il porte, avec un bonheur non dissimulé à notre arrivée, ses 86 printemps !
Le musée de La Batellerie
avec le maître d'école
Albert Lataillade
- 10 h. : La brume d'automne s'estompe lentement et cela fleure bon la campagne. Dans cette « cour de récréation improvisée », nous voici déjà subjugués ! En effet, si l'horloge de l'église affiche bien 10 heures, en bon directeur d'école, qu'il fut, à Hossegor, il ne lui a pas fallu, pour nous étonner, plus de deux minutes ! Dès l'abord, il nous a fait rentrer, totalement, dans sa classe à l'ancienne, vrai « Cours Supérieur à enseigner toutes les matières ! ». Facétie supplémentaire, inspiré par la mixité de notre groupe, avec finesse et humour, Albert organisa d'emblée une « classe mixte », que personne ne sembla vouloir déserter ! A noter, ici, que sur ce registre, visiblement amusé, il jouera crescendo, avec, en point d'orgue, l'évocation de sorcières... et de leurs balais !
Depuis son Musée, qu'il nomme aussi « Panthéon », Albert, nous emmène dans l'histoire de son village. Assis sur de vrais bancs d'écoliers, c'est au fil de l'eau, que voyageurs-écoliers, nous voici embarqués sur « son récit » pour « remonter le Temps... jadis ! ». Imagé, illustré, rendu vivant et, à profusion documenté, tout est, ici, totalement savant ! La moustache d'Albert souligne sa bouche un peu rieuse. Y affleure, un peu, à la dérobée, la nostalgie d'un « Paradis perdu » ! Mais y fleurit, toujours, sa gentillesse pour tous et, parfois même, en bon Gascon, une galanterie toujours affectueuse (avec, au préalable, prière de ne pas s'en offusquer), envers les dames qui, aujourd'hui, ornent son auditoire.

Dès l'entrée, nous nous sommes rendu compte du travail immense accompli par ce « narrateur-collectionneur-sauveteur-documentaliste-maquettiste-chanteur-blagueur ». Il est difficile, pour chacun de nous, je pense, de bien discerner quel sera, de ces personnages-ci, celui qui, à la fin de la visite, l'aura emporté sur les autres ! Il est à l'image d'un gave tourbillonnant. Ce « jeune » homme de 86 ans nous assure : « Je vous dirai tout et tout est vrai ! ».
Nous devinons, là, que nous en aurons pour notre argent !
Il est indiscutable qu'Albert refuse l'oubli autant que la destruction de tant et tant d'objets et d'outils. Ils lui sont si chers ces témoins des métiers intimement liés à l'Adour et à ce coin des Landes, lequel jouxte le Pays Basque ! Albert n'amasse pas, il compile ! De la vie d'autrefois, il traque et rassemble : souvenirs, documents, photos et témoignages. Ici, tout tourne autour des flux économiques, de la batellerie et du commerce apportés par l'Adour et les gaves, dans ce coin de notre département. Notre hôte met ainsi l'accent sur la fréquentation de « La Vieille Auberge », intimement liée à la vie des usagers du fleuve : l'auberge s'animait au même rythme que les activités fluviales, grâce aux marées, car l'Océan produit ses effets jusqu'ici, ce qui est un atout majeur !
Admiration et, chapeau bas, même si, dans ce local, Albert manque cruellement d'espace pour présenter ses collections et les maquettes, de ses mains. Tout cela exige tant de place pour les faire revivre d'après ses explications !
Immense, vous dis-je !
Quant au temps qu'il faudrait pour tout explorer, ici, Albert l'estime à 3 journées complètes. Cela me semble encore insuffisant, car, même si « le Patrimoine c'est lui », il a, de sa jolie écriture, couvert tant de fiches que les murs, les plafonds et les objets eux-mêmes, en ruissellent !
Une question que nous nous posons tous : Que deviendra ce patrimoine-là ? Qui saura l'expliquer aux autres générations, voire le faire vivre, après lui ?
Ainsi, durant plus de deux heures, Albert Lataillade fut intarissable ! Il amusa son monde et il chanta même, accompagné par certains !

Repas à La Ferme d'Orthe d'ORTHEVIELLE
À Sorde-l'Abbaye, lieu très fort de la Chrétienté sur le Chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle, nous pûmes admirer l'abbatiale Saint-Jean-Baptiste (édifiée au Xème siècle), avec ses mosaïques du XIIème siècle, en cours de restauration, et ses chapiteaux historiés ! Et, contre l'abbatiale, parmi les vestiges de l'ancien monastère, la salle du chapître et la surprenante grange-batelière (où étaient réceptionnés par les moines les saumons, pêchés avec le « baro », et les produits cultivés sur l'île, située juste en face). Il nous fut signalé que la France ne compte que deux granges-batelières, dont celle de Sorde-l'Abbaye !

Visite de l'abbaye
Pour ce monastère, et même si le Gave d'Oloron qui coule à ses pieds, apporte son indéniable beauté, ce fut un choc de découvrir un tel chantier de réhabilitation. Cela semble pharaonique ! Certes, il y a là technicité, courage, compétence et volonté pour le relever de ses ruines ! À noter qu'une maquette de l'ensemble est exposée, fort utilement, dans l'abbatiale. Ici, ont frappé fort (XIème et XVIèmes siècles) l'outrage des ans, les guerres et les pillages qui suivirent dans cette « carrière à ciel ouvert » ! Oui, il faudra y revenir dans 10 ou 20 ans, pour y admirer ce qui aura pu être reconstitué ! Une question, cependant : les financements publics, ou autres, suffiront-ils, dans cette période de crise qui débute ? >
- 17 h 10, nous voici à nouveau dans le car, après un petit crochet, sur le chemin du retour, à l'abbaye d'Arthous où, là aussi, un vaste chantier de restauration est engagé !
En résumé, et là où il m'aurait fallu plusieurs pages : ce fut une bien belle journée offerte par la SADIPAC. Qu'elle soit encouragée à recommencer l'initiative ! Et, si je peux me permettre, je dirai que les absents, une fois encore, auront eu tort !
Jean François Costabadie |