L'AVENTURE LITTÉRAIRE D'HOSSEGOR par Gérard Maignan
L'installation de J.-H. Rosny Jeune à Hossegor C'est probablement en juin 19031 que Justin Boex, alias Rosny Jeune, arrive à Hossegor pour s'installer avec Marie-Thérèse de Broutelles et sa fille dans la maison du passeur que sa compagne a achetée et fait aménager. Venant de Paris par le train, il est descendu à Labenne où l'attend Rémy, un homme toutes mains qu'il gardera longtemps à son service. C'est la première fois qu'il vient dans cette région des Landes qu'il découvre dans l'enthousiasme : C'est sa sœur qui a entraîné Marie-Thérèse à Hossegor. Caroline de Broutelles a découvert le lac à l'occasion d'un séjour à Capbreton. Depuis quelques années, les Morhardt6 qui sont de ses amis y passent leurs vacances d'été. Marie-Thérèse, comme sa sœur, a été conquise. Autour du lac, très peu d'habitations ! Quand, en 1905, Maurice Martin le découvrira à son tour, il n'y verra « que deux ou trois petites maisons sur sa rive orientale et quelques cabanes de pêcheurs pres invisibles ; une seule maisonnette sur la rive opposée7. » Pour pouvoir y séjourner, il faut faire construire, ce à quoi les deux sœurs sont résolues et ce à quoi la commune encourage les candidats à l'installation en acceptant de leur vendre des terrains. Marie-Thérèse, la première, trouve à acheter en août 1901 celui qui prolonge la demeure du passeur. Avait-elle déjà des vues sur la maison et a-t-elle pris contact avec ses propriétaires ? Nous ne le savons pas mais c'est probable. Son implantation à l'entrée du lac, aussi modeste qu'elle fût, était exceptionnelle. Son achat simplifiait les choses. Elle le réalisera deux ans plus tard et passera l'acte le 17 février 1903 dans l'étude de Maître Lassalle, notaire à Soustons. Le temps de négocier le départ de ses occupants, de faire les nettoyages et les aménagements nécessaires, et elle peut inviter Justin à la rejoindre : « Je ne reçus pas sans plaisir la lettre m'annonçant que tout était prêt à Hossegor pour me recevoir8. » Caroline n'a pas la même opportunité. Elle devra faire construire sur une parcelle voisine qu'elle achète à la commune sur le bord du canal en juin 1902. La villa, qui sera plus tard baptisée « Yadja », existe toujours. Les deux sœurs se retrouveront l'été à Hossegor. Celui qui s'installe à « La Berge » est un romancier ; c'est même un académicien Goncourt. Il écrit avec son frère depuis un peu plus d'une dizaine d'années. Tous les deux publient sous le seul pseudonyme de J.-H. Rosny que l'aîné s'est choisi. Ils publient même beaucoup et leurs romans, les articles qu'ils donnent aux revues et leurs nouvelles préhistoriques ont commencé à les faire connaître. Edmond de Goncourt a accepté de les coucher tous les deux sur la liste des membres de sa future académie. Pour l'aîné, Joseph-Henri qui tire l'attelage, passe encore. Mais pour Justin, cette consécration, obtenue sous la pression de son frère, alors qu'il n'a encore rien publié tout seul, n'est pas banale. Après la disparition d'Edmond de Goncourt en 1896 et le dénouement des procès intentés par ses héritiers pour faire casser son testament, l'Académie tient sa première réunion le 23 janvier 1902 et se met en mesure de verser à ses membres les émoluments voulus par son fondateur. Pour les Rosny, dont les romans ne connaissent encore que de modestes tirages, ils arrivent à point. Mais le prestige qui s'attache au titre est plus appréciable encore et Justin lui devra sa fortune littéraire.
Les premières années Il aspirait à la solitude. Il est servi. Le contraste avec Paris est brutal. Passés les premiers bonheurs de la découverte et les vicissitudes de son installation, cette solitude lui est assez vite pesante. Justin est un homme sociable : « Il me faut une île déserte avec quinze personnes à table », écrira-t-il plus tard. Il n'a de cesse de la faire partager et s'emploie à attirer ses amis, Maxime Leroy d'abord, dès son installation, et quelques années plus tard, Paul Margueritte ; il veut aussi faire connaître les Landes et Hossegor et faire savoir qu'il s'y trouve. La présence d'un académicien Goncourt à Hossegor intrigue. Peu après l'installation de Rosny Jeune, La Petite Gironde – le Sud-Ouest d'aujourd'hui – a dépêché un de ses correspondants pour l'interviewer. Un des premiers à la connaître est Maurice Martin. Correspondant du Touring-Club de France à Bordeaux et champion cycliste émérite, Maurice Martin est journaliste. Il soutient l'initiative lancée pour la réalisation d'un boulevard automobile qui doit relier Arcachon à Bayonne en longeant la côte. Il a participé aux expéditions organisées pour la promotion du projet. C'est d'ailleurs au cours de la première qu'il aura l'intuition de se faire le parrain de la Côte d'Argent. Il narre les péripéties du baptême dans un livre du même nom qui paraîtra en 1906 et dont il vient demander la préface à l'hôte de « La Berge » qu'il donne, dans son texte, pour « l'un des maîtres les plus admirés de notre littérature contemporaine. » On ne s'étonnera pas que ce maître très admiré l'admette dans le cercle de ses familiers. Il y a aussi un jeune poète et romancier pour prendre le chemin de « La Berge ». C'est Charles Derennes qui descend régulièrement dans le Sud-Ouest et passe ses vacances d'été à Capbreton et à Hossegor. Après des études brillantes à Bordeaux puis à Paris, il a renoncé, au grand désespoir de sa mère, à l'Ecole Normale et au professorat. Il retrouve, dans les cafés et dans les salons, la bohème littéraire des premières années du siècle. Il a déjà publié un recueil de vers et un roman qui a failli obtenir en 1904 le prix "La Vie Heureuse–Fémina" créé à l'instigation de Caroline de Broutelles par un aréopage de femmes de lettres pour faire pendant au prix Goncourt. Les Broutelles, les Leroy, les amis du voisinage dont les Lauwick – leur fils Hervé écrira plus tard des romans humoristiques mais il n'a alors qu'une dizaine d'années9 – et les visiteurs de passage composent autour de Rosny Jeune une petite société qui agrémente ses séjours estivaux : Ces rencontres de l'été vont se poursuivre jusqu'en 1909. A partir de cette année-là, une série d'évènements vont en modifier le cours. Ce sont, après la rupture en 1908 de Rosny Jeune avec son frère, la publication en 1909 de L'Affaire Derive, premier roman qu'il a écrit et signé seul, la création, pour en protéger les rives, de l'association des Amis du Lac, la naissance en 1910 d'un fils au foyer de Maxime Leroy et, en 1911 et 1912, la présence à « La Berge » de jeunes gens et jeunes filles attirés par la radieuse beauté de Germaine Vernay, la fille de Marie-Thérèse. Et bien sûr, plus tard encore, en 1913, l'installation à Hossegor d'un deuxième académicien Goncourt en la personne de Paul Margueritte. La descente du courant d'Huchet Parmi les évènements qui se déroulent ces années-là, il faut faire une place à part à la descente du courant d'Huchet que Rosny Jeune organise au début de juillet 1911. Après le demi-succès de L'Affaire Derive, il lui importait de ne pas se faire oublier à Paris. Les Landes en sont loin. Justin n'est pas encore très connu de son microcosme littéraire et il n'a plus son frère pour l'y représenter, parler de lui et défendre ses intérêts. C'est à Paris que se font les réputations et que se nouent les relations qui ouvrent les portes des éditeurs. Il n'y est plus très souvent et personne ou presque ne vient le relancer dans la thébaïde où il a fait retraite. Charles Derennes est le seul à le faire mais son audience est toute relative et ne dépasse pas l'enceinte des cabarets et des cafés qu'il fréquente ; après les deux recueils de poésie et les six à sept romans (légers) qu'il a produits, il a encore sa place à faire. Rosny Jeune est d'autant plus intéressé à cette expédition qu'il a l'opportunité de lui donner la publicité la plus large à travers le reportage qu'en attend L'Illustration. C'est un hebdomadaire très répandu en France. La région des Landes est encore très peu connue et il est possible qu'il s'agisse là d'un travail de commande d'autant que la famille de ses propriétaires y a maintenant des intérêts. Pierre Baschet, un de ses fils, a épousé en octobre 1909 à Soustons, Louise Sénac, la fille d'un industriel du bois et ancien maire de la commune. On ne néglige rien et l'hebdomadaire envoie de Paris, pour participer à l'expédition, un de ses photographes. Rosny Jeune invite ses amis proches comme Paul Margueritte, Charles Derennes et Maurice Martin et l'état-major de La Petite Gironde dont les articles relaieront L'Illustration. Il y ajoute, pour relever l'intérêt du reportage, les gloires littéraires de l'époque dont il sait la présence dans la région. Il s'y trouve Edmond Rostand qui se repose à Cambo, Pierre Loti de passage à Hendaye et Gabriele d'Annunzio, le célébrissime poète italien qui, en ce printemps 1911, s'est réfugié près d'Arcachon. Les deux premiers se récusent mais le troisième accepte. Il a fui son pays pour échapper à ses créanciers et à ses maîtresses. Il a quarante-sept ans et a déjà publié l'essentiel de son œuvre abondamment traduite en France. Sa célébrité a très largement dépassé les frontières de l'Italie et quand il arrive à Paris en 1910, tous les salons se le disputent. Mais la comtesse Nathalia de Goloubev, qui l'a attiré dans la capitale, se révèle une maîtresse hystérique et d'Annunzio, pour la fuir sans renoncer ni à ses fastes ni à ses frasques, est venu, avec la complicité d'une autre femme, s'installer au Moulleau. L'expédition est organisée sur deux jours. Les participants se retrouvent le premier soir à Léon et s'embarquent le lendemain matin aux aurores pour la descente du courant. A son débouché sur la mer, ils sont attendus par le maire qui les emmène déjeuner chez lui. Après le repas arrosé du vin des sables, Rosny Jeune entraîne Gabriele d'Annunzio à Hossegor pour lui faire découvrir le lac :
Paul Margueritte Paul Margueritte connaît Hossegor. Sur l'invitation de Rosny Jeune, il y est déjà venu plusieurs fois et notamment une première fois en janvier 1909 où, installé à « La Pierre Bleue » que lui a louée Maxime Leroy, il a écrit La Faiblesse Humaine. Au terme de l'expédition, il est directement reparti sur Paris. Employé au ministère de l'Instruction publique, il a commencé très tôt à écrire. Depuis 1885, il a donné différents romans et beaucoup d'articles. Il s'est lié d'amitié avec Alphonse Daudet et Edmond de Goncourt qui l'a mis, comme les Rosny, au nombre de ses futurs académiciens et a signé en 1887 le Manifeste des Cinq contre Emile Zola avec lequel il se réconciliera cinq ans plus tard. En 1896, son frère Victor, de quatre ans plus jeune que lui, a quitté l'armée et commencé à écrire avec lui. Les deux frères signent : Paul et Victor Margueritte. Ils ont publié ensemble, sur la guerre de 1870, une tétralogie qui a rencontré un réel succès et leur a donné la notoriété et une certaine aisance matérielle. Victor, élu président de la Société des Gens de Lettres en 1906, s'est présenté au Sénat l'année suivante. Après son échec, Paul, déçu de la désinvolture de son frère, prend prétexte de son initiative politique pour rompre leur collaboration. On continuera à voir passer ou séjourner des écrivains à Hossegor, les deux filles de Paul, Eve et Lucie Margueritte, Charles Derennes, Etienne Rey, Blaise Cendrars, Jean Prévost qui s'y mariera avec Marcelle Auclair en 1926 avant d'y revenir en vacances en famille jusqu'à la guerre, Maurice Leblanc… Et encore plus tard, Françoise Sagan, Sébastien Japrisot, Julien Gracq et d'autres. Mais ils passent à Hossegor ou ils y séjournent comme ils le feraient dans une autre station balnéaire. Ils n'y trouvent plus ni point de ralliement ni point de rencontre et n'y envisagent pas de rencontres particulières. L'aventure littéraire d'Hossegor est close.
mythe Ce n'est que quelques années après le départ de Rosny Jeune qu'on va s'intéresser à son séjour à Hossegor et à celui de Paul Margueritte. En 1923, Aimé Meunier-Godin et Alfred Eluère, respectivement président et administrateur délégué de la Compagnie Artistique Immobilière, lancent l'aménagement d'Hossegor et font connaître leurs ambitions d'en faire une station balnéaire à l'égal de Biarritz. Tout est bon qui montre le site comme remarquable. On exhume son passé récent et sa fréquentation littéraire. Cet effort est appuyé par la Société des Amis du Lac qui, en septembre 1924, peu après l'inauguration du pont de pierre, fait apposer à l'initiative de Maxime Leroy deux plaques sur les maisons de Rosny Jeune et de Paul Margueritte. Installé à Ploubazlanec, Rosny Jeune se remémore son arrivée à Hossegor et les premières années de son séjour qu'il raconte dans un livre publié en 1926 et intitulé Hossegor12. Livre de souvenirs où l'on trouve d'étranges lacunes, freudiennes pour beaucoup. Le site y est peu évoqué et il ne parle pas des visites, éventuellement littéraires, qu'il a reçues. Il ne parle pratiquement pas non plus de Paul Margueritte qu'il a côtoyé presque journellement pendant cinq ans ; ce dernier, après son installation en 1913, lui a fait un peu d'ombre et sans doute est-ce une façon de la lui faire payer. Il termine son livre par un chapitre qui reprend pratiquement in-extenso l'article qu'il a publié en 1911 dans L'Illustration, ses éloges dithyrambiques de Margueritte en moins. Il ne dit rien, quatorze ans après, des échos que l'article a soulevés. Il écrira plus tard La Lutte pour la mer, publié en 1931, sur le conflit qui a opposé, aux XVe et XVIe siècles, les Bayonnais et les Capbretonnais pour la maîtrise de l'aval de l'Adour. Dans la préface du livre, il se vante d'être à l'origine de la création de la station : « Cette station balnéaire que nous avons créée, ma femme et moi », écrit-il. Il n'a rien créé et, en 1919, quand il s'en va, cette création est encore dans les limbes. Il faudra attendre l'arrivée d'Alfred Eluère pour voir affirmer les ambitions de ses promoteurs et la réalisation des premiers lotissements et celles du Sporting-Casino et du golf. Vient ensuite un livre édité en 1927 par David Chabas et intitulé Nos Landes et dans lequel l'éditeur a confié la rédaction du chapitre littéraire à Serge Barranx. C'est dans ce chapitre que ce dernier lance l'hypothèse d'une école littéraire d'Hossegor. Lui, qui n'a rencontré nos deux académiciens Goncourt qu'occasionnellement, ouvre la dernière partie de son texte en s'interrogeant sur leur présence : « Les historiens appelleront-ils ce temps l'Ecole d'Hossegor, comme on a appelé d'autres périodes "Les Soirées de Médan, le Grenier des Goncourt" ? » Et il poursuit sans y répondre, quelques lignes plus loin : « Ici vinrent et se fixèrent, pour un temps Maxime Leroy, Charles Derennes, Gaston Chérau, Etienne Rey, Paul Margueritte, Mme de Broutelles, directrice de La Vie Heureuse… Toute une colonie gîtée dans les villas voisines avait pour centre de ralliement "La Berge13 "… » . Enfin, celui qui va mettre la dernière main au mythe littéraire d'Hossegor est Maxime Leroy. Malgré le départ de Rosny Jeune en 1919 et leur éloignement, leur amitié est restée entière, cimentée par le souvenir des premiers étés qu'ils ont partagés à Hossegor et la nostalgie de leurs enchantements. En son absence, c'est Maxime Leroy qui anime l'association des Amis du Lac. C'est lui qui organise en 1924 l'apposition d'une plaque commémorative sur le mur de la maison de Rosny, lui qui s'opposera à son remplacement à la présidence de l'association. Ils sont restés en relation et s'aident mutuellement dans la publication de leurs articles ou de leurs livres. En 1930, ils participent tous les deux à un ouvrage collectif publié par David Chabas sous le titre Sud-Ouest. Rosny y redonne son article de L'Illustration de 1911 – ce n'est que la troisième fois – et Maxime Leroy un de ses plus beaux textes sur Hossegor intitulé Le Rayonnement d'Hossegor. C'est dans ce rayonnement qu'on trouve ce passage maintes fois cité : C'est J.-H. Rosny Jeune qui révéla, dans un article célèbre de L'Illustration le 22 juillet 1911, cet Hossegor surgissant de sa lagune vénitienne. Grâces soient rendues au grand artiste qui a fait entrer dans le florilège des paysages littéraires l'incomparable site qui naît parmi les eaux douces de la forêt de Seignosse, palpite sur les eaux salées du lac et rejoint par un canal louis-quatorzien l'Océan à Capbreton après s'être attardé au milieu des hibiscus du Bouret et des chênes-lièges du Boudigau. Les "Amis du Lac d'Hossegor" ont fait le reste15. C'est faire beaucoup d'honneur à Rosny et donner beaucoup de crédit aux Amis du Lac. On peut s'étonner qu'il ait fallu attendre presque vingt ans pour parler du retentissement de son article. Le lac n'apparaît que dans les derniers paragraphes qu'on a cités plus haut et ce sont bien davantage le courant d'Huchet et la présence de Gabriele d'Annunzio et de Paul Margueritte qui en faisaient l'intérêt. Quand L'Illustration le publie en 1911, J.-H. Rosny Jeune n'est pas très connu, beaucoup moins que son frère avec lequel il a rompu quelques années plus tôt. Personne, avant Maxime Leroy, ne l'a jamais évoqué et Charles Derennes n'y fait qu'une mention très discrète quand il évoque à son tour cette fameuse descente dans cette même Illustration16 quelque 17 ans plus tard. L'aventure littéraire d'Hossegor, c'est d'abord la présence près du lac des deux académiciens Goncourt, celle de Rosny Jeune à partir de 1903 jusqu'en 1919 ou 1920, celle de Paul Margueritte à partir de 1913 jusqu'en 1918 et le choix qu'ils ont fait d'y vivre presqu'à demeure. Ce sont la curiosité littéraire qu'ils ont suscitée et les nombreuses visites qu'on leur a faites, surtout après l'installation de Margueritte qui était de loin le plus connu des deux. C'est l'empreinte du site dans les romans de ce dernier tels La Faiblesse Humaine et Sous les Pins Tranquilles. Mais ce n'est ni école littéraire, ni manifeste particulier. Aujourd'hui, quelques quatre-vingts ans plus tard, Rosny Jeune, Paul Margueritte, Charles Derennes et Serge Barranx sont en passe d'être oubliés. Ils ne sont plus réédités et parfois même ignorés des manuels de littérature. Passe encore pour Rosny Jeune qui est un piètre écrivain. Les quelques textes qu'on cite de lui font illusion. Il écrit dans un français approximatif, plus mal que son frère dont déjà Jules Renard et Anatole France trouvaient le style encombré et confus. C'est dommage pour Paul Margueritte, Charles Derennes et Serge Barranx dont les témoignages romanesques restent intéressants. Pour autant, le mythe de la création littéraire d'Hossegor tient toujours. Il tient, non parfois sans enflure, parce qu'il flatte et qu'il donne matière à écrire. Il tient parce que les véritables recherches entreprises sur la station, à l'exemple de celles menées par Claude Laroche sont encore rares19. Il faut pourtant y revenir, retrouver la réalité des faits si on veut, comme le demande Paul Veyne, que l'histoire reste d'abord « un roman vrai20 » .
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